Étrange nuit que cette nuit, à 3h du matin, je me suis levé pour un besoin urgent. La lune, comme à son habitude depuis quelques jours éclairait le ciel de sa pâle blancheur. Au loin, des éclairs déchiraient le ciel, puis des craquements sourds et violents, c'est l'orage, le fameux tonnerre de Brest. Une seule solution, s'enfoncer profondément dans son duvet, croiser les doigts en espérant que cela ne tourne pas à la forte pluie ou à la grêle.
Finalement tout s'est bien passé même pas une goutte d'eau, parfait pour plier la tente ce matin.
Prenons de la hauteur et enfonçons-nous dans les forêts de sapins au-dessus du phare cette forêt de sapins est exploitée et le chemin est bordé de magnifiques cordes de bois, bien aligné aux senteurs de résine qui vous titillent les narines. Plus loin je passe près de hangars agricoles emplis de rouleaux de foin. Là également une autre odeur bien sympathique, bien chaude, me fait penser que nous sommes toujours en été.
Pour me rendre à Landévennec je vais devoir franchir sur le pont de Trévenez, l'Aulne, cette rivière qui se jette dans la mer.
C'est une première mondiale : jamais un pont à haubans de forme circulaire n'avait été construit. L'ouvrage est récompensé en 2013 par le World Infrastructure Award et en 2014 par le prix du plus bel ouvrage d’art remis par la Fédération internationale du béton. Il détient le record du monde de portance en courbe et sans support.
La forêt communale d'Argonne qui suit la rivière, me prend presque par la main pour me conduire à l'ancienne abbaye Saint-Guénolé de Landévennec, sur 6 km.
Scions, scions du bois... non c'est plutôt sillon des anglais, en randonnant dans la forêt domaniale de Landévennec pendant deux petites heures avant de déjeuner.
Une flèche littorale toujours en mouvement
D énommée «sillon>> dans la toponymie locale, une flèche littorale désigne une plage ou un cordon de galets non adossé à la côte. Une extrémité y est rattachée tandis que l'autre reste libre.
Le Sillon des Anglais, long de 800 mètres, est formé de sables grossiers et de galets. Ces sédiments proviennent de l'érosion des falaises situées plus à l'ouest. Ils ont été transportés par les courants de dérive littorale et se sont progressivement accumulés dans cette zone de moindre énergie.
Dans ce bras de l'Aulne en fer à cheval repose paisiblement nos navires militaires en fin de carrière.
Mille milliards de mille sabords, mais c'est la ville de Brest que je vois en face. Ca fait deux jours que je marche et je suis toujours au même point. Brest est à 10 km à vol d'oiseaux, à égale distance de mon terrain de camping "Cap-Ouest" que je vais retrouver ce soir un peu tard vers 18h30.
Étape : 41 km
Cumul : 1108 km