jeudi 31 octobre 2024

81 ème étape Le Pouliguen- St Nazaire - 29 km/ 7h30

Depuis quelques jours, j'alterne bivouac et dormir dans un vrai lit. Une façon en quelque sorte, de me réhabituer à la vie "normale".

Le port du Pouliguen a la particularité d'avoir un port d'échouage avec accès aménagé sur la partie orientale de la plage et un port en eau profonde. Je le quitte à marée basse et suis aussitôt à La Baule, sans transition.



Inscrite au club des plus belles baies du monde, la Baule doit sa renommée à sa plage, l’une des plus longues d’Europe. De Pouliguen au Pornichet, elle s’étend sur 9 km. Quant à son image chic, la baie la doit à ses hôtels prestigieux, ses villas historiques et au style de ses activités.





Mais à mon avis, elle perd de sa superbe. Sa plage fait peut-être 9 km, mais elle est de moins en moins large. La mer gagne du terrain sur le trait côtier. Témoin les protections mises pour protéger le bâti. Même sa qualité de sable fin ne ressemble plus à celle de ma jeunesse.

Le soleil devait apparaître vers 9h, mais la baie s'enfonce, chaque instant, de plus en plus dans un ciel de Toussaint. Puisqu'il en est ainsi, je prends mon petit-déjeuner dans un café. Est-ce pour retarder mon retour ?

Le côté sauvage et intimiste du GR, je l'ai perdu depuis ce matin, laissant place à la foule des touristes, surtout en cette période de congés de la Toussaint. Ce qui ne me convient guère.

J'ai pu être agréablement surpris en tombant amoureux d'une oeuvre de street-art sur un lieu insolite et inattendu qui ferait aimer ce que l'homme fait de plus mauvais quand il laisse aller sa haine.





Si vous avez l’impression d’avoir déjà vu quelque part la grande plage de Saint-Marc, sa jetée, son groupe de rochers et même l’hôtel de la Plage qui la domine, c’est normal : vous êtes tout simplement sur le lieu du tournage du film « Les vacances de Monsieur Hulot», de Jacques Tati.





Une fois les stations balnéaires dépassées, le GR 34 retrouve son âme sauvage et tranquille. Il me faitet goûter, pour le dernier jour, ses falaises présentes jusqu'à Saint-Nazaire.













Les premières tours d'immeuble surplombant le chemin côtier signent la fin de mon périple. Le chemin en terre battue est remplacé par du goudron, puis se transforme en trottoir, avant que je rencontre les premiers véhicules ainsi que des cyclistes, de plus en plus nombreux. Signe bien tangible que je reviens dans la vie de tous les jours. 






Le pont de Saint-Nazaire a presque 50 ans et un record toujours en vigueur, celui du plus long pont de France avec 3 356 mètres de longueur. Il relie St Nazaire à St Brevin les Pins. Il évite de remonter sur 50 km jusqu'à Nantes afin d'enjamber la Loire.

Mais tout ceci ne le regarde pas puisque demain je vais remonter jusqu'à Nantes, mais en train.

Mon périple est terminé. Il s'est très bien passé. Me souviendrais-je encore de mon chemin, dans quelques années ?


Étape : 30 km 

Cumul : 2252 km







mercredi 30 octobre 2024

80 ème étape Guérande - Le Pouliguen - 33 km/8h30

Ce matin, départ vraiment aux aurores pour une immersion complète dans les marais salants.

Quel bonheur de se perdre dans le vaste quadrillage des marais salants ! Tôt le matin, dans le lever du soleil, les bassins brillent à peine d’incroyables nuances apportées par la chaleur de l'été que sont les couleurs d’argent, de bleu, de vert et de rose. Les petites pyramides blanches de sel façonnées par les paludiers ont disparues, la culture ayant lieu de juin à septembre.





Le sel est récolté dans 7000 œillets, à l’aide de leur cimauge. La Fleur de sel, ce caviar de la saline, est délicatement cueillie d’un geste souple. Les marées, le soleil et le vent sont les meilleurs alliés de leur travail. Figures typiques, les salorges, de beaux hangars en bois, conservent leur récolte.



Une demi-heure passée dans ce lieu féérique avant d'arriver à Batz sur Mer où la chapelle du Mûrier ne laisse pas indifférent...

Aux abords du marais, je traverse le petit hameau du Kervalet qui vient de Kergovellec, village de Couaillec ou du Valeureux. Il s'ordonne autour de trois rues et était dans le passé peuplé de paludiers. Le village naît et se développe entre les Xème et XIIIème siecle, lors de l'expansion des marais salants.

Aux XVIIIème et XIXème, Kervalet est alors plus important que le bourg et compte autant d'habitants grâce au négoce du sel. L'habitat paludier groupé et dense, donne une impression urbaine mais reste conviviale. On peut d'ailleurs observer au pied des maisons, des petits bancs en granit, où les habitants avaient l'habitude de souper le soir.

La lucarne est une autre particularité de l'habitat paludier. Les plus anciennes ont un fronton triangulaire, et les plus récentes possèdent un fronton curviligne, semi-circulaire. Par ces lucarnes, les paludiers rentraient les fourrages et hissalent autrefois leurs provisions de grains pour l'hiver.



Construite dans un style gothique flamboyant, la chapelle du Mûrier de Batz sur Mer, se caractérise par l'unité très  harmonieuses des lignes de construction, et s'étend sur 27 m de long et 17 m de large.

Datant du XVème siècle, elle fût construite suite à une épidémie de peste en signe de remerciement. Aujourd'hui en ruines, elle capte toujours l'attention des visiteurs, curieux de comprendre ce qui a pu lui arriver...











Par ce superbe temps ensoleillé, je serpente le long de la côte sauvage pour aller plus loin encore et m'enfoncer dans l'Atlantique.












Enfin, ancré à l’extrémité de la presqu'île guérandaise, le port du Croisic fait face à la pointe de Pen Bron, où j'étais hier midi, et au Grand-Traict, golfe maritime qui alimente les marais salants. Dès le 16ème siècle, de fiers armateurs, pilotes, négociants et capitaines assurent sa prospérité et lui donnent son charme architectural.









Sur le retour de cette presqu'île de Guérande, je suis le littoral, mais cette fois, côte sauvage jusqu'au Pouliguen.
















Nichée, bien à l'abri, dans sa baie, cette station balnéaire sera la dernière de la journée. Je vais même m'arrêter au niveau de la plage du Nau, pour rejoindre à l'intérieur de la ville, le camping du " Clein" juste avant la tombée de la nuit. Mais je n'avais pas pensé que j'arriverais à marée haute, et que la plage disparaisse sous les flots.



Dernière nuit sous la toile. J'ai presque déjà la nostalgie. Le confort ressenti hier soir, à l'hôtel, me paraissait de trop. J'ai peur qu'en rentrant, j'étende sur le sol, ce qui me servait de matelas de fortune, le temps de me réadapter !!

Étape : 33 km 

Cumul : 2222 km



82 ème étape St Nazaire - Laval

Pour la première fois en 3 mois, je vais me la couler douce. Au programme grasse matinée à l'hôtel, puis direction la gare pour acheter ...