lundi 16 septembre 2024

36 ème étape Landéda -Lanildut - 30 km/8h

Un petit hommage à mes pieds qui avancent sans broncher sur ces dunes d'où l'on aperçoit, au loin, sur la droite le phare de Corn Carhai.




Petit-déjeuner à la terrasse d'un café du port de Portsall. À marée basse, il semble mort. 9h30, le village semble endormi. Seule la musique jazzy, en sourdine, met une ambiance en couleurs.


C’est debout, sur la pointe du Guilliguy, appuyé sur un dolmen et les yeux fixés sur la mer, qu’il faut aller méditer quand la vie étroite du monde vous blesse ; on devient fort à cet air de l’océan qui vous coule dans la poitrine. On se sent retrempé et vivace.

Sans doute que nos lointains ancêtres l’avaient déjà compris puisque le Guilliguy (ou Guilligui) est avant tout un site mégalithique et même davantage dans la mesure où sur ce lieu mythique se sont succédées différentes civilisations.







Il émerge de la végétation, face à moi. Sa silhouette trapue se lance vers le ciel. Comme si, 700 années après sa construction, le donjon du château de  Trémazan envoyait toujours le même message. Un signal de puissance qui avertit les passants ici, en Léon occidental, une incroyable forteresse méconnue, bâtie par une famille au destin singulier, monte toujours la garde.

Marchons encore pour découvrir la chapelle Saint-Samson datée de 1785. Il est très probable qu'avant cette date une ou plusieurs chapelles existèrent sur ce site puisque, dans son prône du 29 mai 1689, monsieur Rannou, recteur de Landunvez, précisait à ses paroissiens "demain, nous irons à Saint- Samson, prier pour les armées du Roi et l'obtention de la paix".

La chapelle a pour saint patron Saint Samson, le deuxième patron est Saint-Yves. Le vitrail récent de la fenêtre nord présente Sainte Anne; le retable date du XVIlème siècle et montre, en sculpture, les 5 joies, les 5 peines et les 5 gloires de la Vierge. L'autel, avec ses décorations, date probablement de la fin du XVIIIème siècle.








Déjà cinq heures trente de marche, je ne vois pas le temps passer. Pospoder, je vais y poser mon popotin à terre pour déjeuner. Mon immanquable petit café dans le port pour un peu de repos et attendre l'heure d'ouverture des magasins pour me ravitailler.









N'y voyez pas là, l'emplacement de ma tente, mais un four à goémon. Les fours à goémon sont des tranchées creusées dans le sol qui servaient à produire des «pains de soude», obtenus à partir des cendres du goémon récolté, et qui étaient vendus au XVIe siècle aux manufactures du verre puis surtout au XIXe siècle, lors de la deuxième période industrielle de ces algues, aux industries qui en exploitaient l'iode utilisé dans l'industrie de la photographie (iodure d'argent) et le domaine médical (teinture d'iode désinfectant les blessures externes).





Comme souvent je me garde deux heures de marche pour arriver au terrain de camping. Ce soir c'est " Le Tromeur" ouvert jusqu'en fin de semaine.










Je me dis que je suis arrivé à la fin de mon étape, en voyant l'Aber Ildut bien gardé par la batterie équipée de 3 canons de 12 livres identiques du XVIIIème siècle afin de tenir à distance les navires ennemis ou les mettre à mal s'ils tentent d'attaquer les navires de commerce. Un boulet de 12 livres peut transpercer la coque en bois d'un navire à 300 mètres de distance.
Bien gardé également avec ces sphinx, comme à Kéops pour protéger le site.





Camping familial à l'intérieur des terres, mais très calme où je retrouve mes compères, sans doute pour la dernière fois.

Étape : 30 km 

Cumul : 963 km

dimanche 15 septembre 2024

35 ème étape Landéda - Landéda - 30 km/7h30

Non, ce n'est pas une erreur, je vais rester dans la même commune, entre l'Aber-Wrac'h et l'Aber Benoît.

Il est vrai que cette pérégrination sur les sentiers douaniers est un peu perturbante. Je pars, j'ai le soleil dans le dos, quelques instants après, il est devant, tantôt à gauche, tantôt à droite. Heureusement, il y a le balisage pour ne pas être désorienté. Une chose essentielle, la mer est toujours sur ma droite.






Destination l'Aber Benoît, sur la rive d'en face, le petit village de Morgant.





Arrivé au port du Vril, sur  l' Arber Benoît, tous ces petits bateaux rangés les uns derrière les autres, semblent attendre le coup de sifflet de la maîtresse, comme un jour de rentrée de classes. Pas un bateau ne dépasse l'autre.








L'autre rive de l'Aber Benoît est atteinte après trois heures de marche, en franchissant le pont à Penn Ar Pont. près de Tréglenou.








Deux nouvelles heures de marche, sur les sentiers se faufilant dans la forêt longeant l'Aber. Ayant  rejoint la petite pointe faisant face à Pors az Vilin, je trouve un petit coin d'herbe pour y déjeuner dans un calme absolu. La bise maritime me caresse les joues, pendant que des oiseaux pêcheurs plongent dans l'Aber pour trouver nourriture à leur goût en maîtrisant la plongée en apnée.










Ma petite sieste terminée, je poursuis vers la presqu'île de Trévorc'h. Le sentier passe par le petit village de Saint Pabu. Je me dis : bonne occasion pour prendre un petit café digestif. Je vois un bar ouvert, je passe ma commande et la patronne me répond: Ah désolée, nous sommes fermé. Je comprends mieux maintenant pourquoi ce petit village s'appelle St Pabu.




Donc mon objectif maintenant, trouver un terrain de camping. Celui des Abers- Benoît étant fermé, malgré ce qui est indiqué sur leur site, je continue 3 km pour planter ma tente au camping des dunes.

Les trois compères s'y retrouvent, Mathis, Stéphane et moi. Ce soir nous décidons d'aller au bar ouvert du village d'à côté pour prendre un plat chaud autour d'une bière ou d'un p'tit canon de rouge. Avant de regagner, par un chemin balisé en jaune, nos duvets respectifs.

Étape : 30 km 

Cumul : 933 km

82 ème étape St Nazaire - Laval

Pour la première fois en 3 mois, je vais me la couler douce. Au programme grasse matinée à l'hôtel, puis direction la gare pour acheter ...