mardi 17 septembre 2024

37 ème étape Lanildut - Le Conquet 18 km/5h

Nuit de pleine lune, les chouettes hululent, les grenouilles croasses et les feuilles mortes de l'arbre, protégeant ma tente, tombent dans un léger crissement sur la toile.

Les trois compères complices ont d'un commun accord décidé, ce matin, de traverser l'aber en barque, économisant ainsi trois heures de marche. Le tour de 13 km, de l'aber dans un paysage campagnard sans intérêt ne semblant pas essentiel.









La traversée n'a durée que cinq minutes. 

En 1792, Lampaul est rattaché au canton de Brélés, amenant ainsi les habitants à franchir fréquemment l'aber à gué. Cela n'est pas sans risque. Aussi, à la demande du sous-préfet, un service de bac voit le jour en 1821.

Le métier de passeur est né et souvent exercé par des réformés de la marine. Le dernier passeur est une femme Fine Petton, vêtue de sa blouse, est un personnage haut en couleurs. Pour elle qui sait nager qu'à sec ce n'est pas une question de courage, c'est l'amour du métier. Elle manie l'aviron jusqu'en 1980, elle a alors 79 ans.

Reprends le cheminement sur le sentier côtier jusqu'à la pointe de Corsen, site le plus à l'ouest de la France continentale.







Pointe extrême du Finistère face à l’archipel de Molène et à l’île d’Ouessant, l’Iroise aux noms évocateurs comme Le Conquet, Portsall ou la pointe Saint-Mathieu, est un concentré de Bretagne. Je termine mon escapade insulaire  en émotions intenses au terrain de camping du Conquet,  "les blancs sablons".







Mais avant d'arriver à destination vers 14h30, restauration près de la chapelle de Loc Meven. Revification du corps, de l'esprit et des âmes.









Nous, les trois compères, fêtons notre séparation autour de bières et pour moi d'un cidre breton, le "Geulard". En effet, Mathis va sur l'île d'Ouessant. Quant à Stéphane, même si on se retrouve à la prochaine étape, ce sera la dernière fois, puisqu'il arrête à Brest.






 Étape : 18 km 

Cumul : 981 km


lundi 16 septembre 2024

36 ème étape Landéda -Lanildut - 30 km/8h

Un petit hommage à mes pieds qui avancent sans broncher sur ces dunes d'où l'on aperçoit, au loin, sur la droite le phare de Corn Carhai.




Petit-déjeuner à la terrasse d'un café du port de Portsall. À marée basse, il semble mort. 9h30, le village semble endormi. Seule la musique jazzy, en sourdine, met une ambiance en couleurs.


C’est debout, sur la pointe du Guilliguy, appuyé sur un dolmen et les yeux fixés sur la mer, qu’il faut aller méditer quand la vie étroite du monde vous blesse ; on devient fort à cet air de l’océan qui vous coule dans la poitrine. On se sent retrempé et vivace.

Sans doute que nos lointains ancêtres l’avaient déjà compris puisque le Guilliguy (ou Guilligui) est avant tout un site mégalithique et même davantage dans la mesure où sur ce lieu mythique se sont succédées différentes civilisations.







Il émerge de la végétation, face à moi. Sa silhouette trapue se lance vers le ciel. Comme si, 700 années après sa construction, le donjon du château de  Trémazan envoyait toujours le même message. Un signal de puissance qui avertit les passants ici, en Léon occidental, une incroyable forteresse méconnue, bâtie par une famille au destin singulier, monte toujours la garde.

Marchons encore pour découvrir la chapelle Saint-Samson datée de 1785. Il est très probable qu'avant cette date une ou plusieurs chapelles existèrent sur ce site puisque, dans son prône du 29 mai 1689, monsieur Rannou, recteur de Landunvez, précisait à ses paroissiens "demain, nous irons à Saint- Samson, prier pour les armées du Roi et l'obtention de la paix".

La chapelle a pour saint patron Saint Samson, le deuxième patron est Saint-Yves. Le vitrail récent de la fenêtre nord présente Sainte Anne; le retable date du XVIlème siècle et montre, en sculpture, les 5 joies, les 5 peines et les 5 gloires de la Vierge. L'autel, avec ses décorations, date probablement de la fin du XVIIIème siècle.








Déjà cinq heures trente de marche, je ne vois pas le temps passer. Pospoder, je vais y poser mon popotin à terre pour déjeuner. Mon immanquable petit café dans le port pour un peu de repos et attendre l'heure d'ouverture des magasins pour me ravitailler.









N'y voyez pas là, l'emplacement de ma tente, mais un four à goémon. Les fours à goémon sont des tranchées creusées dans le sol qui servaient à produire des «pains de soude», obtenus à partir des cendres du goémon récolté, et qui étaient vendus au XVIe siècle aux manufactures du verre puis surtout au XIXe siècle, lors de la deuxième période industrielle de ces algues, aux industries qui en exploitaient l'iode utilisé dans l'industrie de la photographie (iodure d'argent) et le domaine médical (teinture d'iode désinfectant les blessures externes).





Comme souvent je me garde deux heures de marche pour arriver au terrain de camping. Ce soir c'est " Le Tromeur" ouvert jusqu'en fin de semaine.










Je me dis que je suis arrivé à la fin de mon étape, en voyant l'Aber Ildut bien gardé par la batterie équipée de 3 canons de 12 livres identiques du XVIIIème siècle afin de tenir à distance les navires ennemis ou les mettre à mal s'ils tentent d'attaquer les navires de commerce. Un boulet de 12 livres peut transpercer la coque en bois d'un navire à 300 mètres de distance.
Bien gardé également avec ces sphinx, comme à Kéops pour protéger le site.





Camping familial à l'intérieur des terres, mais très calme où je retrouve mes compères, sans doute pour la dernière fois.

Étape : 30 km 

Cumul : 963 km

82 ème étape St Nazaire - Laval

Pour la première fois en 3 mois, je vais me la couler douce. Au programme grasse matinée à l'hôtel, puis direction la gare pour acheter ...