mardi 1 octobre 2024

51 ème étape Treguennec_ Treffiagat - 30 km/7h30

Au petit matin les températures sont fraîches, 12 degrés, mais le ressenti est pire encore, puisque nous sommes dans une zone de marais. La brume rase le sol au point d'embrumer mes lunettes.



La commune de Treguennec compte 2 chapelles.
Située dans un cadre magnifique, la chapelle de Saint Vio est certes la plus petite des chapelles bigoudènes mais elle vaut le détour. Cinquante mètres carrés à peine, un charme fou pour la « chapellig », blottie dans un repli de dunes sur la palue de Tréguennec, si basse avec son petit escalier extérieur, son clocher couvert de lichen d’un jaune éclatant, et ses portes qui commandent de baisser la tête pour y pénétrer.






Ceux qui la connaissent en sont amoureux. Abondamment photographiée, peinte, filmée dans "Le crabe tambour", son histoire n’a rien d’extraordinaire, mais les légendes qui l’entourent nous amènent de l’Irlande en baie d’Audierne, de sa pierre hémisphérique, témoin de la civilisation celte.

Un peu plus loin, la chapelle, dédiée à saint Evy, moine ermite venu de Grande Bretagne vers le VIème siècle, désservait l'enclave de Gorre-Beuzec jusqu'à la révolution.




Le site fut d'abord païen, consacré aux divinités des eaux, il fut probablement dès le Haut Moyen-Age christianisé sous le vocable de saint Evy et pour en mieux contrôler le rituel, doté d'un ermitage ou d'une chapelle.

Le pignon du transept nord porte une pierre marquée d'un calice et de la date de 1660. Elle indique probablement les travaux d'extension qui dotèrent la nef primitive d'un transept.

Témoignage des anciens rituels païens dédiés aux forces naturelles, elle a la réputation de guérir les rhumatismes .

Au petit matin, que la nature est belle lorsque le soleil se lève. Aucun bruit, oublier le clapotis des vagues déferlant sur les galets. Le silence est simplement rompu par les chants d'oiseaux dans les haies ou le coin-coin des canards sur le plan d'eau. Même le cygne se déplace dans un silence parfait semblant mue par la simple bise.





Revenu sur la côte après ces tours, détours, contours dans les marais, inlassablement, la mer, de son beau bleu profond, attaque les rochers de saint Guénolé, mais cette fois-ci sans fureur.









Ce site naturel classé a de tout temps attiré les promeneurs. On y découvre des rochers aux formes mystérieuses : les oreilles de lapin, le rhinocéros, le tire-bouchon, la tortue ou la roche des victimes. Ces rochers doivent leurs formes particulières à des phénomènes d’altération et d’érosion causés par la pluie, le vent et les embruns.

Ancienne chaîne de montagne hercynienne, formée entre 480 et 300 millions d’années, le site est également une mine d’or pour les géologues. Le paysage y est grandiose lors des tempêtes. Les amoureux de belles vagues et de mer déchaînée ne doivent toutefois jamais négliger la dangerosité des lieux, même par temps calme. Le nom donné à la roche aux victimes n’est pas anodin.

Avant d'aller déjeuner à la sortie de Saint-Guénolé au pied du plus célébre  phare de Bretagne, je visite la chapelle Notre Dame de la Joie. Elle se situe directement en bord de mer, entre St Pierre et St Guénolé. Sentinelle surveillant la mer, elle est dédiée à la Vierge. Les marins venaient la remercier de les avoir sauvés des tempêtes. Lors du pardon qui a lieu le 15 août, ceux-ci défilent tête et pieds nus.

Cet édifice date de la fin du 15ème siècle.







Je disais ce célèbre phare de Bretagne, à la pointe de Penmarc'h, c'est le phare d'Eckmühl. Il est célèbre pour représenter les produits bretons, comme la mère Denis l'était pour les machines à laver. 



Cet après-midi direction, par les plages, Le Guilvinec. Ce nom résonne comme un des plus connus ports bretons, en permanence tourné vers la mer et toutes ses valeurs. La pêche est l'activité économique locale qui fait toute la renommée de ce petit port-ville qui a tout d'un grand ! On y croise marins-pêcheurs, mareyeurs, caseyeurs, poissonniers... En soirée, c'est le retour des bateaux de pêche.






Encore quelques dunes à longer avant de trouver la toute petite route menant au camping des Vergers à Squividan.




Étape : 30 km 

Cumul : 1370 km








lundi 30 septembre 2024

50 éme étape Audierne - Treguennec - 34 km/9h

Changement de décor, fini les falaises, maintenant je vais suivre les plages, avant d'atteindre les marais de l'étang de Frunevel.

La météo n'est toujours pas terrible, temps gris toute la journée, mais semble-t-il pas de pluie.

Le GR est un voyage dans l'espace mais également dans le temps. 

Voici 5000 ans fut construit  sur ce site une vaste nécropole mégalithique.






Le cairn est un monument constitué de moëllons de pierre. Communément appelé dolmen, Il recouvre la chambre funéraire fréquemment constituée de grosses pierres.

La juxtaposition de plusieurs monuments d'architectures différentes indique une extension et des réaménagements de la nécropole tout au long de la période néolithique entre 4 500 et 2.500 ans av. J.-C. Six phases de construction ont été repérées lors des fouilles.

Au Néolithique moyen, un premier monument situé à l'extrémité sud accueille une sépulture individuelle. Le défunt est inhumé dans une fosse parementée recouverte de limon et de plaques de gneiss. Pour l'accompagner, une hache polie, un briquet de silex et de pyrite, plusieurs armatures de flèche tranchante, un grand vase à fond rond et une bouteille en terre cuite sont déposés dans la tombe.

Puis, apparaissent les premières sépultures collectives, probablement familiales, où la hiérarchisation de la société se perpétue dans les tombes. Les dolmens à couloir qui possèdent un passage entre la chambre et l'extérieur font leur apparition ainsi que les chambres compartimentées. Le cairn qui atteindra dans ses plus grandes dimensions 40 mètres de longueur sur plus de 10 mètres de largeur, s'élevait au dessus du paysage.








La mer n'est que blancheur et écume. Sa plage de sable fin se rétrécit rapidement avec la marée et ne me laisse pas d'autres choix que le sentier de galets, pas de galère, mais presque.

Nous arrivons aux marais de Frunevel. Il ne me faut pas moins de quatre heures pour les contourner en empruntant les sentiers vers l'intérieur des terres. L'avantage, c'est que je peux découvrir le patrimoine local, comme la chapelle de Plonan.



 Juste après 






Un peu plus loin la chapelle Lannigou, certe en ruines, aurait été construite au XIIIè siècle puis restaurée fin XIVè / début du XVè siècle. Détruite pendant la révolution, ses pierres ont été utilisées pour la construction d'un corps de garde. Elle n'en conserve pas moins son charme et surtout cette splendide rose au chevet, comme une dentelle de pierre, qui date du début du XVè siècle. La chapelle est l'une des meilleures représentantes du style architectural de Pont-Croix.






Les marais dépassés, il ne me reste que quelques centaines de mètres pour aller voir le terrain de camping municipal de Palud de Kergellec, si je peux y planter ma tente. Je sais qu'il est fermé depuis un mois, mais si l'accès est libre, j'y serais au calme sur un terrain plat.








Étape : 34 km 

Cumul : 1340 km


 



82 ème étape St Nazaire - Laval

Pour la première fois en 3 mois, je vais me la couler douce. Au programme grasse matinée à l'hôtel, puis direction la gare pour acheter ...